Interview Artista #02: Skander Zguimi

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Issue d’Ezzahra, cette belle ville côtière de la banlieue de Tunis, Skander Zguimi est producteur et ingénieur de son. A l’âge de 22 ans, le jeune prodigue ne cesse de grimper les échelons dans un domaine ravivé de compétition et d’espoir. “Zigui” comme ses compères ont tendance à l’appeler nous a accordé une interview pour parler de ses projets ainsi que ses divers visions envers le milieu de la musique et spécifiquement celui du rap.

Pourquoi le beatmaking et pas autre chose?

Pour être tout à fait honnête, ça a commencé par hasard. En 2018, je venais d’avoir mon bac et je voulais tout de suite faire quelque chose liée directement à la musique. Du coup, j’ai cherché une école de son afin de mieux découvrir le domaine et c’est là que j’ai eu une révélation sur le beatmaking. J’ai ai commencé par ailleurs à créer quelques beats. Ensuite,  il y avait cette montée du rap dans le monde et son influence sur les gens m’a tout de suite fasciné et à partir de ce moment là j’ai vite entamé une année de recherche et de travail acharné et j’ai senti que j’avais le niveau adéquat pour ouvrir un studio d’enregistrement professionnel.

Quelles sont tes sources d’inspiration ? 

J’en ai tellement, pour ce qui est du niveau international, c’est la nouvelle génération des rappeurs français et belges qui me fascinent ( Jazzy Bazz, PLK, 13 Black, Niska, Zola, Caballero et Jean Jass). La montée de la UK Drill ces dernières années m’a beaucoup inspiré aussi comme le groupe OFB, Giggs, C1, Digga D. En plus de la musique c’est leur culture qui m’impressionne.

Comment évaluez vous la scène du rap en Tunisie?

Le rap en Tunisie est dans une croissance exceptionnelle  mais il y’a encore du chemin a parcourir car il y’a un manque de maturité et de professionnalisme dans le domaine . Les ingénieurs du son et les producteurs ne sont pas toujours remercié pour leurs travail, tout en ajoutant qu’un manque de reconnaissance et on trouve des fois mêlés dans des conflits qui nous cause du tort à nous et nous empêche ainsi de travailler librement.

Quels sont les problèmes que vous rencontrez en pleine production ?

Il y avait différents cas de figure : les mecs qui ne payaient pas, ceux qui se battaient ou cassaient le matériel, ceux qui venait juste pour fumer des joints et partir , ceux qui font des stories juste pour le clout  (Money, Fame) C’était un vrai entrainement C’était du sept jours sur sept, dix heures par jour, voire plus si je pouvais faire davantage. Tout ça m’a permis d’enregistrer tous les rappeurs de ma banlieue sud parfois.

D’ailleurs je veux aborder le sujet des pseudo manager qui contrôlent la musique a Tunis. Ces gens n’ont  même pas de compétences au niveau du management.Ils utilisent  leurs ressources non pour aider les jeunes artistes mais pour  massacrer leur carrières afin que les autres studios n’aient  pas de concurrence, ils ont rendu le domaine de la musique un domaine de business soit tu signes chez eux soit les grands rappeurs n’iront jamais chez toi.

Quels sont vos projets?

Cette année je compte m’installer a Paris , j’ai été embauché par Sony music France (UMG). En parallèle je compte bâtir un nouveau studio la bas . Je  compte faire des performances live mais je ne peux pas donner plus de détails.

Qu’est ce qui fait un bon beatmaker?

Un bon producteur est tout abord un bon être humain car avoir un studio c’est accueillir des dizaines de gens par semaine ou chacun à sa musique, son mood, sa façon de poser son mixage. Il faut être polyvalent, attentif et patient. Toujours apprendre et être  à jour car à chaque instant les nouveautés débarquent sur le marché et pour progresser il faut les maîtriser avant que ça entre dans le mainstream.

La meilleure expérience que t’as eu au studio ?

J’ai fait des milliers de sessions en studio , mais il y a ceux qui s’oublie jamais . 20 personnes dans 5 mètre carré ça commence en session ça se termine en soirée bien arrosée mais on finit toujours par enregistrer des hits ses soirs là.

 

 

 

 

 

 

 

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